CCC Finishers Costos

CCC, Cà C’est Costo !

P1060437Voilà c’est fait ! C’était le cadeau de Noël 2012 de Marie-Laure (elle est dingue cette nana !), mais le tirage au sort ne nous avait pas sourit l’année dernière… Alors nouvelle chance au grattage cette année et bingo, cette fois c’était là bonne. Après avoir largement fait l’impasse sur les séances de cotes cet hiver, il a vraiment fallu s’y mettre… et le Jean Sage, le Mont Afrique et la Ouf n’ont plus de secrets pour nous (PS : si ça vous tente, nous serons ravi de faire les guides sur ce très beau parcours… mais pas tout de suite quand même). Pour faire court notre entrainement spécifique s’est résumé à 1 séance de 4h avec 1300m de déniv. tous les w/e + vélo + reconnaissance du parcours de la CCC fin juillet en 3 jours (8h + 6h + 6h) et mon “spécial” pour vous faire rire : chaise romaine 3x/jour en me brossant les dents !!! (je n’ai pas dit brouette thaïlandaise !)…

Le jour J approchant, la pression monte et la météo nous inquiète un peu…Départ le jeudi pour Cham’ pour récupérer les dossards. Et c’est une première plongée, directe, dans une ambiance très spéciale, très “trail”, avec les arrivants de l’OCC (50kms et 3600 d+) que nous croisons alors que nous nous dirigeons vers le lieu de remise des dossards. On prend très vite conscience de cette énorme organisation, de l’évènement exceptionnel de ce qu’est devenu l’UTMB et ses 5 courses. Le contrôle des sacs et particulièrement de la veste goretex est impitoyable. Il manque un élément, votre veste n’est pas conforme…, pas de dossard !

Veillée d’armes à Combloux, bonne nuit à Sallanches, réveil 6h, et c’est le départ pour Chamonix où nous devons prendre une navette pour Courmayeur. Dans la voiture c’est le grand silence, pas un mot entre nous, la tension est palpable (à moins que ce ne soit la concentration …) et nous regrettons un peu d’en avoir tant parlé. Et si nous n’y arrivions pas ?

Arrivée Courmayeur. Il est 8h00, le départ est dans une heure, les presque 2000 coureurs se préparent, commencent à se positionner, trépignent d’impatience…Nous sommes finalement dans la 3ème et dernière vague, et zut… ça risque de bouchonner grave dans la première ascension et de nous mettre la pression pour les barrières horaires que nous apprhendons…

Le départ est un concentré d’émotion. 1900 coureurs prêts à partir à l’aventure. Météo et consignes en 4 ou 5 langues, hymnes nationaux Italien, Suisse et Français ! Vous imaginez… la Marseillaise pour nous ! Certes ce n’était pas pour le podium mais quand même, tu en as les poils qui se dressent et le téton qui pointe comme dirait Moscato ! et puis les Charriots de Feu pour le départ ! Et c’est parti pour 101 kms, 6100 de d+ et de longues longues heures d’effort…

Je vous la fait courte mais en gros nous avons décidé finalement de ne pas nous attendre au début et de voir ensuite pour la nuit… pour ma part je fais le choix de me porter aux avant-postes de la 3ème vague, et après 20 minutes de course, dès l’entame du chemin, je me retrouve déjà au cul de la 2ème vague. Dans les bois je double comme un sauvage (en mode rando, restons modeste) peut-être 300 coureurs mais dès qu’on atteint l’alpage pas moyen de faire autrement que de suivre le flux. Ca ne monte finalement pas si mal, le premier col est atteint (déjà 1300d+ de fait) puis c’est la descente sur Bertone.

Les jambes répondent bien, on enchaine. Refuge Bonati puis redescente sur Arnuva première barrière horaire (27kms). C’est bon près de 2h30 d’avance sur cette satanée barrière, et pour ML tout semble bien aller également. C’est ensuite l’ascension du Grand Col Ferret, le temps est idéal, la montée est longue mais régulière. Après le col c’est le premier vrai test : 20kms de descente plutôt roulante. C’est très très long 20 bornes de descente et c’est là qu’on va avoir les premières indications sur les jambes, les genoux,…Franchement la difficulté dans ce genre de course n’est pas la montée. Surtout courir souple, sans “tirer”, mais les premières alertes tendinites aux genoux se font sentir…rien de dramatique mais une petite inquiétude qui s’insinue sournoisement quand même… Pourvu que ça tienne…

Arrivée à La Fouly, avec près de 3h d’avance. Ravito, soupe aux nouilles, coca, et c’est reparti mais avec une petite pluie fine… Enfin la montée vers Champex. Psychologiquement Champex c’est un cap énorme. Plus de la moitié de la distance et du déniv., et la nuit qui approche. J’arrive avec toujours 3hrs d’avance, le panneau indique que je suis 945ème , pas mal, ça me va. Marie-Laure n’est pas si loin et me demande finalement de l’attendre pour aborder la nuit. Une autre course va commencer.

Quand nous finissons par nous remettre en route, équipés de frontales, la pluie s’est remise à tomber avec plus d’intensité. Et c’est malheureusement la montée vers Bovine qui nous attend, Bovine qui porte très bien son nom. Ca glisse, ça patauge dans la boue, sous la pluie et le vent… Pas marrant, le rythme baisse forcément. A la bascule du col, ça se calme mais la descente est bien glissante… Henri et Maman nous attendent à Trient, pour une assistance “change sec” qui ne peut mieux tomber. Nous arrivons vers 1h30 et là surprise, il y a comme prévu Henri et la Jo mais également Corinne, Steve, Robert et Nadine ! Henri est hyper excité, il est dans son élément, refuse d’aller dormir,… Avec une équipe d’assistance pareille et les innombrables sms d’encouragements que nous recevons, le moral est au beau fixe. Même avec les genoux qui coincent un peu, on est persuadés d’y arriver maintenant. Il nous reste 2 ascensions et moins de 30 kms à parcourir, impossible de lâcher, juste impossible. Et pourtant la montée qui nous attend pour Catone est assez raide et la descente vers Vallorcine est définitivement la plus pénible du parcours : glissante et boueuse dans les alpages sur le haut, puis cassante et interminable pour atteindre Vallorcine dont on aperçoit les lumières en bas depuis longtemps mais qui semble ne jamais se rapprocher. Et enfin ça y’est, 5h du mat, le ravito de Vallorcine. Et toujours Henri et la Jo, à la fois soulagés de nous voir enfin arriver, mais qui se projettent déjà sur notre accueil l’arrivée ! Et c’est parti pour la dernière ascension.

Au col des Montets, le chapelet des frontales dessine l’itinéraire impressionnant de verticalité qu’il nous reste à grimper pour atteindre la Tête aux Vents. Encore 800m de déniv. Et très vite c’est la magie du jour qui se lève sur la montagne. Chamonix est dans les nuages et tandis que nous prenons de l’altitude, le dôme du Mont-Blanc se découpe au soleil. Les jambes tiennent toujours bon même si la traversée Tête aux Vents – Flégère est tout sauf facile, avec ses gros blocs de pierres bien glissantes. Vigilance. Ce serait vraiment trop con de se faire une cheville maintenant… La Flégère, plus que 8kms de descente vers Chamonix. Un type du ravito nous prédit 2h encore avant d’arriver, supposant que nous allons marcher. Mais non, cette descente est vraiment trop belle pour ne pas se forcer à la courir, à dérouler les jambes, à faire semblant de se dire “même pas mal”, portés par l’euphorie, par l’ivresse de l’arrivée à Cham’. Nous serons “finishers” ! Trop bon !

A Cham’ le final est extraordinaire, arrivée main dans la main, avec les encouragements de la foule, les parapentes dans le ciel, la montagne incroyable de beauté, le speaker qui annonce notre arrivée, la musique… Ca y’est, c’est la ligne, mais on n’est pas pressé de la franchir tellement l’instant est magique, fort, chargé d’émotion et de fierté. On s’attarde, on savoure, on s’embrasse. On est “finisher” !

 

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7 réponses

  1. xav dit :

    Merci pour le récit. Des émotions, du plaisir, des sensations et de l’envie remontent en moi en vous lisant. Bravo, bravo, bravo.
    Grâce à vous, maintenant c’est sur j’y retournerai!!!
    Trop fort, trop bon.
    Xav

  2. l'homéopathe dit :

    Encore bravo à vous car on à vous lire on ressent toutes les émotions que vous avez pu avoir (la fierté en moins 🙂 )

    C’est vraiment une aventure humaine incroyable et vous avez eu raison de profiter du moment à l’arrivée.

    Grâce à vous maintenant c’est sûr je n’irais jamais :). Je plaisante j’ai vraiment hâte de pouvoir relever ce genre de défi mais il ne faut pas griller les étapes alors je continue mon évolution en m’alignant sur le 51 kms à Alésia. Il me restera plus qu’à doubler la distance et tripler le dénivelé…

    A+

  3. Ti Manu dit :

    BRAVO les CROSTOS !!!

    Beau petit récit, dans lequel on peu se projeter…..et comme dit Xa, cela donne vraiment envie d’y retourner, mais bon ça fait du monde. Félicitations, vous avez su préparer et gérer ce “challenge, défi, objectif” de main de maitre…que la montagne est belle, quand elle nous livre des émotions pareilles. Vous être finisher, et vous pouvez porter fièrement votre petit gilet vert…..des vrais guerriers…bravo
    Merci pour le partage et à bientôt les copains.

    Hasta la vista
    Ti Manu

  4. xav dit :

    Top la photo!!!
    Xav

  5. Toph dit :

    Bravo les amis, vous êtes venus, vous avez vu et vous avez vaincu…quelle détermination, chapeau bas. félicitations. En ce qui me concerne je vais attendre un peu pour défier de telles distances… Biz.

  6. Pat Z dit :

    Bravo à vous les amis, de vrais costos !!! C’est vrai que vous donnez envie mais c’est trop long pour un ptit gars comme moi !! Encore félicitations car il faut un sacré courage …

  7. le lapin dit :

    un grand bravo à vous !!! C’est vrai que vous donnez envie il faut que je motive ma lapine 🙂 Encore félicitations car il faut un sacré courage surtout a deux …bises

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